Formation / Écritures et supports numériques / 2013

3 décembre 2014
Les nomades

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En 2013, en compagnie du groupe Cordel (asso brestoise), nous avons animé une formation autour des pratiques d’Écritures à destination du web. Nous l’avons intitulé Feuilleton maison Sur une durée de trois jours nous avons formé 18 animateurs jeunesse (biblio, centres sociaux, …), éducateurs pjj (Protection judiciaire de la jeunesse) et bénévoles d’associations du Nord.

Ce projet, est à l’initiative de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale du Nord (DDCS).

Feuilleton maison

Le texte libre ?

Feuilleton maison est une formation qui valorise les pratiques d’écritures — à prendre au sens large du terme; photographiques, sonores et textuelles — autour de mini projets éditoriaux via l’outil Web.

T’es ou Tu fais quoi ? … en dire plus et autrement sera notre point de départ pour penser des systèmes de communications participatifs, non-discriminantes et conviviaux qui motivent les jeunes à prendre la parole.

La possibilité procurée par les nouveaux outils numériques d’acquérir facilement et gratuitement un organe d’expression collective notamment par le blog permet de continuer la pratique du journal imprimé, du carnet de route en papier en donnant un statut particulier à la parole des jeunes.

S’emparer de ces outils pour écrire, pour être lu, pour échanger des savoirs et se faire connaître, parler pour témoigner et découvrir…

Véritable fenêtre ouverte sur le monde, le journal numérique, par son importante accessibilité, devient un outil intéressant dans la mise en place d’un dialogue ou d’une interaction entre le jeune, son quartier, les structures éducatives, tout simplement le monde qui l’entoure.

IMG_7386-1l’outil numérique

Le journal papier dit-amateur, en milieu scolaire ou ailleurs a évolué avec l’arrivée des outils numériques. L’ordinateur, les logiciels de PAO (publication assistée par ordinateur), Internet et plus récemment le Web 3.0 — dit participatif — ont apporté de nouvelles possibilités. Il ne s’agit pas de remplacer un médium par un autre mais de laisser le choix, en fonction des usages et des moyens, de manipuler l’instrument adapté.

Si le Web permet une grande visibilité, une mise en commun rapide des contenus, un partage gratuit et des expérimentations audio-visuelles plus variées il est aussi soumis à de vrais problématiques de confidentialité, de standardisation graphique et d’opacité/complexité technique incroyable qui témoigne d’un monde immatériel encore inexploré et vertigineux accaparé par des experts. Le journal papier conserve alors toujours le charme de l’objet imprimé ou de l’imperfection du travail fait-main, la matérialisation d’une pensée et la modestie d’un ouvrage réalisé avec les moyens du bord, il est cependant plus embarrassant en terme d’espace et de temps, moins rapide et parfois plus coûteux, plus difficile à diffuser et à partager.

La pédagogie sociale

« J’ai découvert la pédagogie sociale au Groupe de Pédagogie et d’Animation Sociale (GPAS) à Brest. Le GPAS Bretagne est une organisation non gouvernementale, mouvement d’éducation populaire, qui lutte de manière originale depuis 1980 contre la marginalisation économique, culturelle, géographique et sociale des enfants. Le GPAS est un mouvement d’éducation populaire, conscient de la nécessité d’agir socialement pour que chacun, enfant ou adulte, ait la possibilité d’être acteur de sa propre vie. J’ai 17 ans lorsque je rencontre cette association. Je souhaite passer mon BAFA et me tourne vers le GPAS pour me former. Surprise, je n’apprends pas de  » grands jeux  » ou de chansons pour divertir les enfants mais on me parle des grands courants pédagogiques, du développement de l’enfant, de ses capacités à expérimenter…

Ce sont mes premiers pas dans la pédagogie sociale. Séduite par cette façon de penser l’animation et le rapport à l’enfant, je travaille ensuite dans l’équipe deBrest. Les projets ou les initiatives s’expriment toujours hors les murs : les enfants ne sont pas accueillis dans des locaux pour réaliser des activités. Ils parcourent au contraire la ville, utilisent les transports en commun, vont à la découverte des ressources culturelles, sportives et sociales auxquelles ils ne pourraient accéder sans la médiation des animateurs. Il s’agit de participer à la formation sociale de l’enfant en l’aidant à grandir et à exercer son esprit critique et ses capacités de discernement, de dépasser le stade de simple « consommation » des activités pour faire des enfants de véritables acteurs de leur ville et de la société. »

Florence Voisin

IMG_7369L’atelier photo

 » Sur les terrains du numérique, comme sur les terrains de l’art, les pratiques de la photo ou du son ne sont plus réservées à une frange… Il y a bien longtemps que chacun peu pratiquer la photographie ou peut s’emparer des nouveaux médias pour dire ce qu’il veut ou diffuser des informations telles qu’elles soient. En 2012, l’association Ecranomade a mise en place un atelier photo lors du camp-préolympique de Gravelines. Pour cet événement la volonté était de permettre aux enfants d’être initié à la prise de vue et de diffuser leurs productions via l’outil Web. Ensemble nous avons créé un site à la minière d’un vrai « cyber-journaliste », les enfants ont pu travailler sur un sujet, le mettre en forme collectivement afin de le restituer au public (internaute). Nous avons eu sur ce site plusieurs centaines (de millier) de visites, et des retours très positifs concernant le contenu. Gratifiant pour les enfants comme pour l’association, la relation directe entre ces outils valorise rapidement les créations des enfants et leur permettent de prolonger les idées au delà de leur cercle proche. Ce constat montre que la photographie, la vidéo ou le son, sont rapidement accessibles dès lors qu’il y a la volonté de véhiculer des idées. Pour ce qui est du sujet, le Web permet une grande diversité des sujets. Et si le monde des adultes est empli d’appréhensions ou de préjugés, il n’y a aucune crainte sur la facilité qu’ont les enfants à découvrir, s’intéresser à tout et à trouver un sujet autour duquel ils pourront développer leur pensée. Vous n’avez pas d’idées ? Pas de problème, les enfants en ont plein ! « 

Nicolas Leblanc